Saint-Nazaire, ville d’immigration

Discours prononcé à l’arrivée à la sous-préfecture le 19 décembre 2020 de la manifestaion nazairienne pour l’acte IV de la marche nationale des sans-papiers pour la régularisation, le logement et la disparition des CRA, le 18 decembre à Paris et dans nombres de villes de France.*

« Je remercie les organisateurs et soutiens du collectif UCIJ (Uni.e.s Contre l’Immigration Jetable – Région Nazairienne, composé de citoyenn.e.s et d’organisations dont : ATTAC, Mouvement de la Paix, LDH, MRAP, Collectif Soutien Personnes Sans-Papiers, Artisans du Monde, FCPE, Comité Solidarité-Palestine, Femmes Solidaires, FSU, EELV, France Insoumise, PCF, LO, NPA, Génération.s …), de la CGT, Solidaires, La Libre Pensée, et les Gilets Jaunes / MDP.

Nous pouvons nous rappeler quelques éléments de notre histoire locale. Comme le dit la devise de la ville :Aperit Et Nemo Claudit ” Elle ouvre et personne ne ferme. Sant Nazer est une ville d’immigration.

A l’origine, vers 1850, parmi les 4 000 habitants, nombres de nazairiens étaient lamaneurs. Les lamaneurs accompagnaient les bateaux de la haute mer à Nantes. Déjà une forme d’accueil.

Alors que les voisins brièrons apportaient leur savoir faire en construction navale pour la création des chantiers, il y eut l’Accueil des bretons des autres départements, l’Accueil des angevins, des normands venus à la fin du XIXe siècle. Ils construirent la ville et les industries. C’était l’époque d’un développement rapide (et cahotique). Saint Nazaire fut appelée «la petite californie bretonne», comme le rappelle le nom d’une rue voisine.

En début XXe siècle suivi l’ Accueil d’Italiens, de Polonais, de Portugais et d’Espagnols, fuyant la misère et les dictatures. Après les guerres mondiales aux conséquences énormes pour la ville et pour sa population, c’est l’accueil des colonisés d’afrique du nord : Algériens, Tunisiens, Marocains, d’autres colonisés d’Afrique, d’Asie et des Antilles. L’Accueil fut parfois conflictuel.

Dans les années 80, les Casamançais de Guinée Bissao et du Sénégal sont appelé par les Chantiers de l’Atlantique pour les travaux de carénage à bord des paquebots en construction. Maintenant, depuis les années 2000, les dernières constructions de paquebots nous ont familiarisé à voir aux chantiers comme dans la ville des hommes et des femmes venus de beaucoup de pays différents, appelés « travailleurs détachés ».

Les luttes et grèves de la faim des hindous, polonais, grecs ont sucité de nombreuses solidarités. Une autre dimension de notre cité et de sa population ouvrière est la solidarité internationale et les manifestations contre les guerres, comme celles de l’ Algérie et du Vietnam.**

Notre ville s’est développée par l’accueil et le travail des immigrés.

Elle a connue de nombreuses manifestations de solidarité contre les politiques gouvernementales s’attaquant aux droits de tous les travailleurs. Les attaques contre les migrants depuis les années 1980 s’inscrivent dans des lois de plus en plus liberticides et racistes.

Elles visent à diviser la population. Les réponses solidaires sont une forte tradition ici. L’effervescence associative est importante. Pour l’alphabétisation des migrants et migrantes et les échanges culturels tel le CNASTI – Comité Nazairien d’Accueil et de Solidarité avec les Travailleurs Immigrés – qui fut très actif de 1974 à 2001. Les combats pour la défense des droits des immigrés sont menés par le Collectif Anti Raciste regroupant le CNASTI, La LDH, SOS Racisme et le Mrap. L’UCIJ lui succède depuis 2007. Collectif, il regroupe nombre de personnes individuelles, d’ associations, de syndicats, de partis. Il organise information, conférence, manifestation; Il soutien le CSPSP – collectif de soutien aux personnes sans papier – qui aide les migrants et migrantes dans leurs démarches administratives pour obtenir des papiers. L’UCIJ fait face à l’arrivée de migrants et migrantes fuyant la famine, les guerres au Mali, en Tchétchénie par exemple. Les migrants arrivent dans notre pays qui se dit « pays des droits de l’Homme ». Ils n’ont ni papiers, ni travail, ni logement. Ils sont sans visibilité, invisibles.

Il faut renforcer les solidarité et convergences des luttes.

Comme autour des sans-abris hébergés au squat Géronimo par les Gillets Jaunes Maison du peuple. Nous devons soutenir les associations qui s’occupent des SDF et interpellent la mairie pour refuser toute expulsion sans relogement. Hier, vendredi 18 décembre, c’était l’Acte IV des sans papiers à l’occasion de la Journée internationale des migrants sur les revendications suivantes :

Liberté de circulation, égalité,des papiers pour tous et toutes !

GG avec la collaboration de participant.e.s à la préparation.

* La manifestation suivait à 16 h le 127ème cercle de silence des 3ème samedi du mois. Entre les deux, eu lieu une intervention des gens du spectacle.

** Il aurait fallu ajouter les rassemblements hebdomadaire du vendredi place de la mairie pour la Palestine.

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