Le projet communiste reste d’actualité

A Tours, le 30 décembre 1920, les délégué.e.s du 18ème Congrès de la SFIO votent majoritairement la création d’une organisation communiste intitulée« Parti socialiste, Section française de l’Internationale communiste », la SFIC.

En effet, le Parti socialiste SFIO en France et les partis constitutifs de l’Internationale socialiste n’ont pas poursuivi l’action de Jaurès pour maintenir la paix. Une partie d’entre eux a même collaboré à l’Union sacrée, en commençant par voter les crédits de guerre en 1914. Or, en 1917, les bolchéviques russes ont triomphé et s’engagent dans la constitution d’une Internationale communiste qui entend provoquer la révolution mondiale. La majorité des socialistes français choisissent donc cette voie. Ils portent l’ambition d’un changement de civilisation.

La construction du Parti communiste s’étale en réalité sur plusieurs années et devient en 1943 le Parti Communiste Français, repoussant dès lors une ingérence et un modèle étrangers, ce qui mettra encore plusieurs années à devenir effectif. Ses analyses de la société s’appuient sur la notion de lutte des classes développée par Marx et Engels.
Ces deux théoriciens insistent sur les rapports sociaux et définissent le mode de production capitaliste comme un rapport social lié à une structure sociale donnée et historiquement déterminée. C’est une différence fondamentale avec les partis bourgeois et réformistes qui ne remettent pas en cause le système capitaliste et qui veulent simplement l’aménager.

Deux de ses combats trouvent aujourd’hui une singulière résonance. Tout d’abord l’appel qu’il a lancé avec ses parlementaires pour s’opposer à la Constitution de 1958 de Charles De Gaulle. Ce présidentialisme exacerbé continue d’être un verrou institutionnel bloquant toute perspective de changement. De même ses propositions pour refuser « l’Europe du capital », dès la fin des années 50. Il a été le seul grand parti de gauche à refuser le traité de Maastricht, tout en travaillant à une union des peuples souverains fondée sur la coopération et la solidarité internationale.

C’est un parti qui a toujours essayé de rassembler. Bien qu’il ne soit jamais allé seul au pouvoir, il a obtenu par ses ministres de grandes avancées sociales qui protègent encore le monde du travail aujourd’hui (Sécurité Sociale, section syndicale, Comité d’entreprise [CSE], nationalisations, …) que le patronat et la droite souhaitent remettre en cause depuis des années.

Malgré les obstacles, les persécutions dont ses militants ont souvent été l’objet,les erreurs et les retards dont il a su faire l’autocritique, on ne peut enlever aux générations de militants leur dévouement sans faille à la défense des intérêts populaires, la fidélité à la solidarité internationaliste, les combats pour la paix, le désarmement et l’antiracisme. Les leçons à tirer de l’histoire du Parti communiste sont très actuelles, que ce soit sur la représentation politique des classes populaires, sur la solidarité internationale, sur l’articulation du combat social, syndical et politique.

Les débats qui traversent cette histoire sont ceux qui traversent la gauche radicale aujourd’hui.

Catherine

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