La bataille du Carnet

La Base n°8 – Octobre 2020

Face à l’ampleur de la crise climatique en cours, ce n’est plus l’heure des demi-mots ou des demi-discours. Il est temps de faire autrement. M. Macron s’invente chancre de l’écologie. Mais que se passe-t-il lorsqu’il s’agit de joindre les actes aux paroles ?

Le projet du Carnet est à ce titre exemplaire, et nous dénonçons le traitement qui en est fait, sous couvert d’une prétendue écologie, revue, de fait, à la mode capitaliste et productiviste portée par le gouvernement en place.
C’est sous prétexte de relocalisation de l’industrie et de création d’emplois dans les énergies vertes que l’on s’apprête à artificialiser 110 ha de terrain dont 51 ha de zones humides. L’importance de ce territoire d’un point de vue écologique n’est plus à démontrer : forte de 116 espèces protégées, couloir de migration d’oiseaux protégés en France, cette zone est en outre une zone tampon entre le fleuve et les terrains qui l’entourent.

Alors pourquoi ne pas revenir sur ce projet dont la viabilité est en plus menacée par la montée des eaux dans les prochaines décennies ? Pourquoi ne pas avoir privilégié un terrain déjà artificialisé comme il y en avait dans les sites proposés pour le projet initial ? Les grandes industries se frottent déjà les mains avec le soutien de l’État.

La question n’est pas de savoir si oui ou non il y aura création d’emplois, mais à quel prix, où, et dans quelles conditions ?
Qui veut nous faire croire qu’aucune alternative n’est possible, à la fois porteuse d’emplois et respectueuse de l’environnement ? D’autant que le flou est aujourd’hui total sur les entreprises qui se seraient positionnées sur le technopôle à venir, tout comme sur le type d’emplois qui seront créés.

De même ne devraient pas entrer en ligne de compte les prétendues compensations écologiques de délocalisation des espèces et de gestion des plantes invasives,
arrivées là justement à cause de l’activité humaine. De nombreuses études montrent aujourd’hui que le principe compensatoire est un échec.
Il faut laisser la nature faire, plutôt que d’arracher au bulldozer les centimètres de terre qui sont les plus riche en terme de biomasse. Sur place, nous avons pu constater le carnage : une percée dans les roselières, les bords de Loire qui s’effondrent, la terre écrasée et arrachée.

Défendre la zéro artificialisation, c’est privilégier la réhabilitation de terrains déjà artificialisés. C’est affirmer la primauté du critère écologique sur tous les autres. Comment justifier une telle destruction de la Loire sans avoir épuisé toutes les alternatives possibles ?

Camille

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