Numéro 9 – Edito

Le plus illégitime président de la Vème République dirige le pays avec l’autoritarisme que lui confèrent les institutions du régime bonapartiste, celles du“coup d’état permanent”. Les lois et décrets récemment adoptés par une majorité de parlementaires «aux ordres»renforcent dangereusement cette tendance vers un Etat policier. Rarement un homme politique n’aura été aussi détesté que Jupiter Macron.

On se souvient : les fastes de son intronisation n’étaient pas retombés qu’il engageait avec cynisme et brutalité, une nouvelle étape de la destruction du Code du travail, suite de la loi El Khomri.

De puissantes mobilisations y répondaient, sans parvenir toutefois à faire reculer le pouvoir, qui se révélait un peu plus autocratique – avec l’affaire Benalla et la crise institutionnelle qu’elle ouvrait.

Crise politique aggravée par la révolte spontanée des Gilets Jaunes en novembre 2018 qui exprimait bien le rejet massif – dans tous les secteurs de la population – de Macron et de sa bande de godillots parvenus à l’Assemblée Nationale.

Des manifestations massives et parfois quasi-insurrectionnelles faisaient trembler le pouvoir.

La répression fut féroce. D’autant qu’en 2019, avec les grèves à la SNCF et les mobilisations dans les hôpitaux, un début de jonction avec le mouvement ouvrier et les syndicats, mis en branle par une nouvelle “réforme” des retraites, était lourd d’une possibilité de grève générale, d’un blocage total du pays.

La crise Covid-19 et l’état d’urgence permanent a suspendu – pour l’instant – ce mouvement.

Mais, malgré la crise sanitaire et les mesures coercitives, tout le pays bouillonne : ouvrier.e.s, infirmier.e.s, journalistes et
avocat.e.s, étudiant.e.s, fonctionnaires, artisans et retraité.e.s… tous sont confrontés aux plans de licenciements, à la frénésie
destructrice du gouvernement qui doit répondre à ses engagements à “réformer” le pays, à tout privatiser, à le faire basculer dans l’ultralibéralisme exigé par la finance internationale.

Car c’est bien de là, des puissances financières, des trusts et des grandes entreprises, que Macron tire véritablement son mandat.

Et ces gens-là veulent un retour sur investissement.

On comprend mieux pourquoi, malgré l’opposition tenace de l’immense majorité du pays, il doit tenter d’aller jusqu’au bout dans la liquidation des grandes conquêtes sociales de l’après-guerre, des services publics, d’Edf, de la Sncf, et en particulier de notre système de protection sociale et de nos retraites.

Voilà pourquoi, à 15 mois des élections présidentielles, Macron doit poursuivre son offensive antisociale, quoi qu’il en coûte ! Et tant pis pour les apparences démocratiques !

Il peut compter sur les institutions de la Vème République et sur l’appui de l’Union européenne. Il peut compter sur la Justice, sur l’armée et sur l’arsenal répressif, sur les lois liberticides, sur les violences policières, les menaces et les intimidations, sur le

Medef et les Médias aux ordres.

Il peut encore compter sur les complicités à droite et à gauche, sur la division de nos rangs, sur la dispersion des journées d’action – pour tenir jusqu’au prochain “coup” électoral…

Mais, “On ne règne pas innocemment”, disait Saint-Just.

Souhaitons, en ce début 2021, que la mobilisation des travailleurs et de la jeunesse impose la chute du “petit aristocrate” et de sa politique, et – en cette année anniversaire de la Commune de Paris, que nous commencions à construire un monde de liberté, d’égalité, de fraternité et de solidarité.

Willy

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