Coronavirus : Jupiter apprenti sorcier

Soixante-sept mille décès, une explosion du nombre des personnes vivant sous le seuil de la pauvreté, une protection de la population en défaut aboutissant aux reconfinements, et… un été indien pour la bourse… !

Les Universités, les écoles, les Ehpad et industries, ont été les plus touchées par les clusters, à coté des évènements familiaux et festifs, mais plus de la moitié des personnes dépistées sont asymptomatiques, et transmetteurs.

Après le scandale des masques au printemps, immédiatement suivi de l’échec du « tracer- tester-isoler » permettant la seconde vague, troisième scandale : le retard pris – sur fond financier – par la vaccination !

Solidarité, protection des populations ?

Que nenni ! Le leitmotiv ministériels avant les fêtes ? : « aplatir la courbe en prévision de la période commerciale et familiale de Noël », pour suivre le propos du ministre Véran dans le Journal du Dimanche. Aux Etats Unis, le nombre de nouveaux cas journaliers pour 100 000 habitants est en dôme à 250, dans un contexte d’abandon libéral. Pour ces pays Européens de taille et de démographie comparables : le Royaume Uni a une incidence dépassant 60 000 nouveaux cas par jour, verticale ascendante, avec le nouveaux variant 1,5 fois plus contagieux.

En France, après le second confinement, on est en plateau : environ 10 000 nouveaux cas journaliers et 15 000 en Allemagne. C’est largement supérieur au seuil de 5000 nouveaux cas journaliers, mettant, selon Macron, en difficulté le systéme actuel de « tracer-isoler ».

Conserver la ligne des moyens constants, voilà la politique Macron !

Le « tracer-isoler » est mis en oeuvre à moyens humains constants,et les 2000 contractuels embauchés depuis août par la CPAM, en réalité pour permettre le retour des titulaires vers leurs missions d’origine, n’a rien changé. Ne parlons pas de l’annonce de la constitution de « brigades » (mais… constituées d’élèves infirmiers) annoncées par Véran début décembre, ni de l’accent mis sur la gouvernance musclée par les préfets, sur les ARS.

Conséquence : un lot d’épreuves humaines : avec l’état d’urgence sanitaire, le nombre de personne passant sous le seuil de pauvreté s’etant aggravé d’un million en 2020. Et un parc de lits de Réanimation (7 000 avant la crise) qui n’a pas été accru, ni les effectifs en personnels disponibles. L’Allemagne (25 000 lits de réanimation ) a mieux surmonté le premier choc.

L ‘affolement

Quoiqu’en dise un CAC 40 euphorique :

• En France, Médecins Sans Frontière a pu montrer des prévalences très élevées chez les sans-logis de l’est parisien, supérieur à 50 pour cent.

• Les inégalités d’accès au logement ont un rôle : un dispositif pouvant aller trouver des solutions, famille par famille existe en région parisienne, c’est « COVISAN ». Proposé par un chef de service de parasitologie de l’APHP, ce dispositif est né de son expérience à Haïti entre 2010 et 2019, et vise à casser la transmission dans les foyers familiaux. Il n’a pas été généralisé : pourquoi ?

• un institut de préparation aux pandémies, avec un effectif « réglementaire » existe en Corée du Sud (500 a 1000 cas avérés par jour), et en Allemangne : quatre personnes affectées à ces missions par tranche de vingt mille habitants.

La prévention et l’indépendance : le monde de demain

Le directeur du Robert Koch Institute, le Dr Wiele, s’inquiétait en décembre d’une situation pouvant devenir « incontrôlable », et d’ un troisième confinement en perspective. Les pays d’Europe sont à la manière des USA, en flagrant délit de faiblesse à cause de leur politique libérale de santé et de prévention. L’ordo-libéralisme a fait la part belle au zéro stock, et à la réduction des politiques de soins et de prévention – telle la médecine scolaire.

Il faut une politique de prévention et des experts indépendants de l’exécutif

En France, la Sécurité sociale est face aujourdhui a un prévisionnel annuel de 44 milliards d’ajournement de cotisations, et supporte toutes les dépenses liées aux tests « gratuits », « bonne mère », ou « vache à lait », de la Macronie !

Visée depuis des années par les appétits du Medef et de son relais à l’Elysée, il est temps qu’un contrôle démocratique – où les
organisations du monde du travail sont présentes – soit réinstauré, la macronie, sous la houlette d’agences privées libérales comme le dénonce « le Canard » se montrant incapable d’anticiper, prévenir et protéger, ni de réduire les inégalités.

Les défauts de protection béants dans nos politiques préventives, vécus inégalement par chaque foyer, font qu’il nous revient de rappeler l’urgence d’une refondation de la prévention, objectif politique fondamental pour contrer le laisser-aller politique
d’aujourd’hui.

Notre correspondant à l’hôpital de St-Nazaire

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