La démocratie reste un combat

La BASE – Numéro 5 – Juillet 2019 – Retour au menu

Poussant à bout la logique constitutionnelle, son altesse Macron, minoritaire dans le pays, use de tout l’arsenal anti-démocratique de la Vème république pour imposer ses contre-réformes : ordonnances, muselage de l’opposition et du Parlement, menaces sur la presse, verrouillage de la Justice répression contre les syndicats, les associations et les militants… Il faut en finir avec cet arbitraire.

 “Nous vivons dans une monarchie présidentielle.
Dans ce régime de pouvoir personnel, le Président de la République cumule les fonctions de chef de l’État et celles de chef du gouvernement et de la majorité parlementaire, en particulier depuis l’inversion du calendrier électoral décidée par Lionel Jospin en 2001.
Comme souvent avec le pouvoir personnel, la monarchie présidentielle de la Ve  République confine à l’irresponsabilité permanente.

Élu pour cinq ans, le Président de la République n’est responsable devant personne, n’a de comptes à rendre à personne pendant son mandat.
Il peut très bien bafouer tous ses engagements de campagne, sachant qu’il n’encourt aucune sanction, hormis le fait de ne pas être réélu au scrutin suivant, sous réserve qu’il y soit candidat !
Pire, son irresponsabilité de président contamine ministres, parlementaires, oligarques, comme l’ont démontré les affaires Cahuzac, Thévenoud ou, plus récemment, Fillon…
Ce règne de l’irresponsabilité politique permanente prévaut aussi au sein des institutions de la vie locale. À la monarchie quinquennale qui trône à l’Élysée répond le féodalisme des potentats locaux, petits roitelets de province dont le sentiment d’impunité (parfois renforcé par des politiques clientélistes locales) n’a rien à envier à celui du pouvoir central.

Ce régime est celui de la dépossession du peuple de sa part de souveraineté politique.
En République, il n’y a pas d’autre souverain que le peuple. Pourtant, dans les faits, c’est tout le contraire qui se produit. L’exemple le plus connu et le plus scandaleux est celui du référendum bafoué du 29 mai 2005, lorsque la France a rejeté le traité constitutionnel européen ; à peine trois ans plus tard, le traité de Lisbonne, copie conforme du traité rejeté, était ratifié en catimini. Comme si cela ne suffisait pas, tout est fait pour exclure encore davantage le peuple de la représentation  politique, en particulier parlementaire.
Compte tenu du mode de scrutin aux élections législatives, des formations politiques qui obtiennent 5 %, 10 %, parfois 15 % des suffrages des électeur.trice.s peuvent se retrouver sans aucun.e élu.e à l’Assemblée nationale !
Lors des dernières élections législatives, les deux partis dominants ont obtenu plus de 90 % des sièges alors qu’ils représentent seulement 55 % des suffrages  exprimés et à peine 30 % des électeur.trice.s inscrit.e.s. De ce fait, 45 % des votants et près de 70 % des électeur.trice.s inscrit.e.s sont mal représenté.e.s, voire pas représenté.e.s du tout à l’Assemblée nationale ! (… ) Conséquence de tout  cela, le peuple  est en situation d’insurrection civique.

Lors de certaines élections,  plus d’un.e Français.e sur deux ne se déplace pas (élections européennes de 2014 : 56,5 % d’abstention et 50 % en 2019 NDLR) ; premier tour des élections départementales de 2015 : 49,83  % d’abstention ; premier tour des élections régionales de 2015 : 50,09 % d’abstention).  Et encore : les taux d’abstention ne prennent en compte que les  électeur.trice.s régulièrement inscrit.e.s sur les listes électorales. Il faudrait y ajouter tous ceux qui ne sont pas ou mal inscrit.e.s. Beaucoup de citoyennes et de citoyens sont – légitimement – dégoûtés, et se demandent à quoi bon aller voter sachant que leur vote ne sera pas pris en compte ;

la trahison du vote de 2005 est dans toutes les mémoires.
Un système institutionnel à bout de souffle, un peuple qui se retire du champ politique… la crise démocratique est là !Pour sortir de la crise civique et démocratique, il faut avant tout appeler l’ensemble des citoyennes et des citoyens à s’impliquer personnellement dans la réécriture collective du pacte qui fonde notre peuple et notre république. Et pour faire cette refondation républicaine, il faut convoquer une Assemblée constituante dont le seul mandat sera l’élaboration d’une nouvelle constitution. Notre projet : une assemblée constituante du peuple et pour le peuple.”

 Extraits des livrets de La France Insoumise

Image : (c) Phototèque rouge / Milo

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