Histoire de Saint-Nazaire : la guerre de 39/45

La BASE – Numéro 5 – Juillet 2019 – Retour au menu

De 1939 à 1945, militarisme, répressions, massacres, exterminations, rien n’a été épargné aux peuples d’Europe. Ni dans notre région.

La déclaration de guerre du 3 septembre 1939 ouvre la “drôle de guerre”. Pas de fleur au fusil comme en 1914.

Au contraire, les prix flambent, l’emploi est perturbé par la mobilisation,  le manque de main d’oeuvre et la désorganisation de l’emploi. Mais les activités culturelles et sportives se poursuivent. Le camp Franco de réfugiés espagnols à Montoir est un proche avertissement mais on ne croit guère au danger. On assiste aux travaux de défense passive, aux alertes… et aux arrivées de Britanniques (en octobre).

Après l’offensive nazie du 10 mai 1940, les événements se précipitent : bombardements, 1500 puis 3500 réfugiés de l’Est à La Baule, retour des Anglais le 15 juin mais pour réembarquer. Le naufrage du Lancastria le 17 juin (4 000 victimes), l’évasion de justesse du Jean BartLe 21juin les troupes nazies sont dans la ville. La stupeur est énorme face à la défaite de l’armée, à la captivité de 2 millions de soldats, aux parades des occupants. Des août 40 des actes sont des premières manifestations de résistance : câbles coupés, évasions des 2 248 prisonniers de guerre de Chateaubriand par le Comité des Anciens Combattants de Nantes, premiers réseaux de renseignement.

Les communistes organisent leurs groupes clandestins, distribuent des tracts, récupèrent armes, munitions et explosifs. La CGT et le mouvement ouvrier sont affaiblis dès 39. Les communistes sont exclus dès la déclaration de guerre. Des tendances à la collaboration avec le patronat – puis les nazis – s’affirment au sommet de la CGT. Il y a des résistances à la base. Les effectifs s’effondrent.

La “Révolution Nationale”

Dès le 22 juin – le jour de l’armistice – la Kommandantur convoque les autorités  nazairiennes. Blancho “renouvelle l’appel au calme” à la population. Il vote les pleins pouvoir à Pétain – le 10 juillet 40 – et sera nommé par Vichy comme maire (il démissionne en 41). L’Etat Français se met en place avec La Collaboration.

La vie quotidienne

Chômage, pillage organisé par les occupants, restrictions, rationnements, peu de ravitaillement de la ville, pêche très limitée par la Kriegsmarine, prix qui flambent, marché noir ce sera le lot des habitants, tant qu’il y en aura. Le couvre feu de 22 h à 6 h à l’heure allemande ! Et fonction de l’humeur des occupants. Les contrôles dans la “zone côtière interdite” de La Roche-Bernard à Savenay et Machecoul avec “ausweis” et papiers obligatoires.

Alertes et bombardements s’accélèrent

Après le bombardement du 7 janvier 42, pendant 6 mois, toute la ville est touchée presque tous les jours. Le 9 novembre avec plus de 180 morts dont 134 apprentis du chantier de Penhoët s’impose dans les mémoires comme étant le “massacre des apprentis”.  Le 28 novembre trois cent forteresses volantes propagent ruines et feu : 50% de la ville est rasée. Le gouvernement de Vichy décrète l’évacuation des habitants non indispensables à l’activité de la ville : 1 femmes enceintes, 2 femmes ayant des enfants en bas âges, 3 vieillards, infirmes.

Durant 42, les enfants d’âge scolaire avaient déjà été évacués  vers Chateaubriant. En 2 semaines,  la population tombe de 48 000 à 15 000.  Le 9 mars, l’évacuation totale est décidée.  Les raids destruction massive continuent jusqu’en juin. La ville sera anéantie à 80%. Comme  Brest,  Lorient, et Saint-Malo. Et Dresde…

Lors des semaines qui suivirent le débarquement de Normandie, les troupes allemandes se replièrent dans la région et créèrent une zone de résistance où les combats se poursuivirent, appelée poche de Saint-Nazaire. Celle-ci fut libérée trois jours après la capitulation nazie, soit le 11 mai 1945. Ainsi, Saint-Nazaire est la dernière ville libérée du joug nazi en Europe.

Gégé

Les fusillés de Chateaubriand

Le 20 octobre 1941, le responsable des troupes d’occupation en Loire-Inférieure est abattu à Nantes par des résistants.  Le 22 octobre, 16 otages sont fusillés au champ de tir du Bêle à Carquefou près de Nantes, cinq au Mont-Valérien à Suresnes, et 27 dans la carrière de la Sablière à Châteaubriant.

Choisis parmi les politiques internés au camp de Choisel depuis le printemps 1941, les otages de Châteaubriant sont presque tous des cadres communistes arrêtés pour propagande en région parisienne à l’automne 1940.

Il s’agit d’élus, de syndicalistes CGT et de militants comme le jeune Guy Môquet (17 ans et demi). Parmi les victimes, Pierre Guéguin, l’ancien maire et conseiller général  communiste de Concarneau qui, bien qu’ayant condamné le Pacte germano-soviétique en 1939 et été exclu du Parti, a été révoqué et interné par Vichy.  Avec lui, son ami trotskiste, l’instituteur Marc Bourhis.

Camps de concentration et prises d’otage ne datent pas de l’action du commando de Nantes. Pour frapper l’opinion et briser toute velléité de résistance, Hitler veut faire fusiller 100 otages. Pétain et la presse collabo dénonce “un crime inutile”. Mais ils se trompent. Le préfet, la Kommandantur écrivent : “A Châteaubriand comme ailleurs, le 22 octobre marque un tournant dans l’histoire des relations franco-allemande… C’est contre les Allemands que se déchainent les passions.”

La Résistance va connaître d’autres coups. Elle va croître jusqu’à la Libération.

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