Grève des urgences, la lutte s’intensifie

La BASE – Numéro 5 – Juillet 2019 – Retour au menu

Le mouvement de grève des urgences a débuté le 18 mars à l’hôpital parisien Saint-Antoine. Il s’étend aujourd’hui dans plus de 100 services d’urgence. Ce mouvement est révélateur des profondes difficultés de l’hôpital public. Sous la pression, le gouvernement a débloqué 70 millions d’euros pour répondre à la crise. Nous avons rencontré Fabien Paris, infirmier aux urgences de Saint-Nazaire pour nous présenter ce mouvement. 

La Base : Peux-tu nous expliquer les raisons de ce mouvement ?

Fabien : il y a 3 constats nationaux : il faut des lits d’hospitalisations pour éviter que les patients ne stagnent dans les urgences. Le deuxième point, c’est des effectifs à hauteur des besoins avec une remonté services par service. Chaque service en France a ses besoins propres (brancardiers, administratifs, personnel soignant…). Pour terminer, il faut une hausse de salaire pour les personnels des urgences de l’ordre de 300 euros nets par agent.

Que pense-tu des récentes proposition de la ministre de la santé qui annonce 70 millions d’euros ?

Fabien: il y a des avancées intéressantes mais on est loin du compte. Au final, si on divise la somme par le nombre de services d’urgences, ça fait 100 000 euros par service, donc quasiment rien. La prime de risque n’est pas cumulable avec ce qu’on a déjà. Les renfort d’effectifs pour l’été, ça existe déjà sur Saint-Nazaire car la population quadruple. Rien d’autre n’est prévu. Il faut poursuivre les efforts plus intensément. C’est une paille par rapport aux besoins réels. Le service des urgences de Saint-Nazaire est en grève depuis le 10 mai. Le mouvement est soutenu par le chef de service des urgences ainsi que par celle du service de médecine polyvalente. Le personnel est très actif dans ce mouvement de grève national.

A Saint-Nazaire, un hôpital très mobilisé

Quels sont les problèmes aux urgences de Saint-Nazaire ?

Fabien : sur Saint-Nazaire un peu tous les problèmes se retrouvent. On est obligé de garder les gens aux urgences faute de places de lits d’aval. Ces gens restent aux urgences, on a donc besoin de plus de personnel pour s’en occuper car ils présentent plusieurs maladies, sont dépendant, on besoin aide dans vie quotidienne (se laver, manger..). La structure n’a pas la possibilité ouvrir de nouveaux lits car les capacités sont pleines, donc on a besoin de personnes aux urgences car ces gens sont là et sur le court et le moyen terme on a pas d’autre solution. Il faut des binômes infirmier-aide soignant pour s’occuper de ces gens-là. Comme ça stagne à l’entrée, il faut du personnel en plus à l’accueil pour éviter une longue attente.

Quelles sont les actions sur Saint-Nazaire ?

Fabien : on peut faire grève mais on reçoit une assignation. On porte un brassard et on bosse normalement. On a rencontré des élus, le sous-préfet, le maire, le sénateur et les députés. François Ruffin est venu. On a organisé un pique-nique citoyen devant l’hôpital pour que les habitants puissent montrer leur soutien. On a crée une pétition en ligne et sur papier au marché de Saint-Nazaire pour faire signer les gens. On a manifesté à Paris. On tient une caisse de grève pour financer nos actions et pour ceux qui ne sont pas assignés et qui perdent leur salaire.

Propos receuillis par Aurélien

Pour signer la pétition de soutient aux urgences de Saint-Nazaire, rendez-vous sur le site change.org

 

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